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Corinne Vezzoni – Architecte et urbaniste

Par CAROLINE ZALESKY

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1/ Qui es-tu ? Quel est ton parcours ?

Je suis Corinne Vezzoni, architecte et urbaniste. Je ne suis pas originaire de Marseille, j’ai grandi à l’étranger, essentiellement au Maroc mais aussi à Madagascar.

Je suis venue à Marseille pour faire une partie de mes études à l’école d’architecture de Luminy pendant 6 ans, puis je suis partie à Paris pour faire un master.

Le hasard des rencontres m’a conduite à revenir m’installer à Marseille, mais pas seulement : il subsistait un lien fort avec la Méditerranée, ce rapport au Sud et à ses deux continents qui se font face.

Pascal Laporte et moi-même avons débuté avec Mario Fabre, qui a été un très grand architecte marseillais, réalisant notamment la Réserve, le Thalassa, et de nombreux habitats sociaux de qualité. Il nous a accueillis dans son agence et nous y avons travaillé près de 4 ans, puis en association. Son soutien a été précieux dans notre parcours, nous lui en sommes très reconnaissants.

Après notre passage dans l’agence de Mario Fabre, nous avons commencé à participer à des concours d’architecture. Ces premières années ont été très difficiles, mais je souhaitais maintenir un cap : celui de poursuivre l’axe des compétitions qui implique une performance constante, plutôt que de nous inscrire dans des réalisations « banales », malgré la nécessité de faire fonctionner l’agence.

N’étant pas connus lors des premiers concours, il nous était difficile d’être retenus. Deux évènements ont été déclencheurs : la rencontre avec mon mari, qui souhaitait construire un bâtiment pour son entreprise « Chiri ». Il m’a alors proposée de le réaliser, nous avons allié nos savoir-faire, ce qui a permis au bâtiment d’être repéré. Puis, nous avons été retenus par le ministère français parmi les jeunes architectes en devenir. Cela a boosté notre notoriété et permis de faire des expositions. 

Je suis architecte et c’est ce qui me porte. Je me bats pour une certaine forme d’idéal, de qualité, de ce qu’on laisse comme trace pour les générations qui suivent et de ce qu’on peut apporter aux débats, à l’urbain et la mobilité.

En plus de mon métier d’architecte, je participe à beaucoup de jurys de thèses, au festival de danse, au monde de la mode et à d’autres associations autour du spectacle et de l’art contemporain. C’est important pour moi, cela nourrit mon travail. J’enseigne aussi à l’université d’Aix en Provence en master d’urbanisme.

2/ Pourrais-tu nous décrire ton poste actuel et ton entreprise ?

L’entreprise porte mon nom car je suis personnellement en charge de tous les concours et des projets, même si je suis accompagnée d’une équipe et de 2 associés, Pascal Laporte et Maxime Claude, qui sont extrêmement présents dans l’activité de l’agence. Nous sommes actuellement une vingtaine de personnes à Marseille et 6 à Paris.

Comme toute entreprise il y a plusieurs sujets à traiter. En architecture la première étape est la conception : comment imaginer un espace, l’inventer, s’intégrer dans le paysage… Quelle écriture et forme de style on adopte. Ensuite c’est la réalisation avec le chantier et le suivi suivant l’idée initiale.

 

Comment fonctionnent les concours d’architecture?

Les concours concernent les projets publics comme les universités, les musées, les bibliothèques, les hôpitaux, les espaces publics (métro, parcs)… Tout ce qui est soumis à un investissement public implique une compétition. Cela représente près de 10% des architectes.

Les références antérieures des architectes comptent beaucoup dans le choix final des jurys. Après l’étape de compétition, nous disposons de 2 à 3 mois pour présenter un projet à partir des éléments transmis (surface, situation, qualité du sol, topographie. Une fois le gagnant désigné, nous retravaillons le projet et avons plusieurs mois pour le réaliser.

 

C’est très court 3 mois ? C’est une période où il n’y a pas de rémunération ?

Pour les concours publics, il y a une rémunération une fois que vous êtes sélectionnés. Elle ne permet souvent pas de couvrir l’ensemble des frais mais il s’agit d’une aide conséquente, que seule la France accorde.

 

3/ Quelle est ta journée type au travail ?

On ne peut pas dire qu’il y ait de journée type. Je suis dans une activité où l’on peut être en phase de réflexion sur un projet par exemple, je suis alors en salle de réunion avec mes équipes à dessiner avec feutres et calques, nous réfléchissons et nous nous documentons.

Il peut y avoir énormément de temps dédié aux réunions avec les partenaires, bureaux d’études dans les différents domaines d’activités (électricité, structure, environnemental, éclairage, signalétique, paysage …). Ou enfin des phases chantiers, où je suis dehors avec les entreprises, en rendez-vous ou visite.

Je me déplace énormément et d’autant plus avec notre nouvelle agence parisienne, où l’on travaille sur les projets du Grand Paris – Gares de Rosny-Bois-Perrier et Satory – en lien avec la SNCF, et la RATP.

Les journées sont très différentes et c’est nécessaire. Un architecte doit traduire sa société et le monde, ça doit ressentir les secousses du monde et savoir les traduire par la matière.

 

4/ Comment décrirais-tu ton look de tous les jours ?

Chez les architectes il y a un look, surtout chez les hommes qui tend à se modifier un peu. Il y a eu une grande tradition du noir avec des codes très précis, très stylisés. Il y a eu Yamamoto, tendance japonaise, ou le col mao et l’écharpe noire. Couleur ou non couleur, le noir dit à la fois pour eux l’essentiel, l’assemblage de toutes les couleurs, l’ascétisme, la rigueur, le contraste avec le blanc.

Puis il y a eu l’arrivée des femmes, la plupart s’habillaient également en noir.

Moi je suis méditerranéenne, bien sûr le noir existe mais d’une autre manière. Les couleurs font la vie et chacune a un intérêt.

Je dirais que mon style est un peu années 70. J’aime les jeans pattes d’éléphants, Courrèges… je porte du vinyle et des jupes trapèzes. J’ai plutôt tendance à aimer les créateurs !

De par mon statut, je rencontre beaucoup de politiques et il faut être à la fois un peu original tout en étant mesuré ! Il ne faut pas non plus devenir sobre, en costume et trop « basique ».

5/ Quelle est ta tenue idéale pour aller travailler ?

Plutôt un pantalon, car je vais sur les chantiers ou en réunion. Je ne suis pas trop pulls, plutôt des choses légères, un top léger et coloré. Une veste un peu amusante, décalée.

6/ Peux-tu nous décrire la(les) pièces favorites ATODE et comment les portes-tu ?

J’aime beaucoup le Top Danying, d’une part par sa couleur, ce bleu canard. J’aime aussi ces manches ballons qui donnent du fun à la tenue. Je le porte rentré dans un pantalon noir avec des bottines.

7/ Qu’est-ce qui t’attire/te plait chez ATODE?

C’est une marque qui peut s’adapter à des personnalités différentes. Les vêtements peuvent répondre à divers styles : classiques, plus funs ou décalés. Ils ont une forme assez intemporelle et s’adaptent à différents moments de la journée.

8 / Comment décrirais-tu ta façon de consommer ?

J’essaie d’être attentive à la question environnementale. Sur le plan alimentaire, je m’efforce d’avoir des produits bio chez moi

A l’agence, nous essayons d’être attentifs à ces sujets avec notamment la consommation de papier, qui peut devenir importante dans notre activité. Nous intégrons également ces problématiques dans nos projets d’architecture: la question de l’éclairage, la consommation d‘énergie. Bien s’exposer pour bénéficier de l’ensoleillement, se protéger du vent etc.

Au niveau des vêtements je regarde l’origine, même si cela reste un vrai dilemme. Je crois aux circuits courts, comment consommer au plus près.

9 / Tu habites Marseille, aurais-tu de bonnes adresses à nous faire découvrir ?

  • Je dirais le passage à Sormiou. Le col qui raconte tout de la ville, on aperçoit d’un côté les Calanques, le paysage et de l’autre on voit cette ville, lovée dans les collines. C’est un spectacle qui permet de comprendre cette ville.

  • L’extraordinaire théâtre Sylvain, ce côté grec à ciel ouvert qui offre des spectacles en plein air. Il se glisse au coeur même d’un quartier.

  • Le restaurant Sépia que j’ai trouvé assez étonnant sur le jardin Pierre Puget.

  • Un incontournable qui est le restaurant la Villa, il y a une constance dans la qualité des produits.

  • Les Arcenaulx également, en pleine ville, c’est un restaurant qui revisite des produits de façon simple et inventive, à un coût très intéressant. C’est idéal pour les touristes. Le concept de plats provençaux au milieu d’une librairie montre qu’à Marseille les gens lisent, il y a une histoire, un ancrage dans le territoire.

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