La confiance en soi influence bien plus de choses qu’on ne le croit, surtout quand il s’agit de style, de dressing et de tenues du quotidien. Je m’en suis rendue compte assez tard, après des années à porter des vêtements choisis plus pour me protéger que pour me ressembler. Longtemps, je me suis habillée pour ne pas attirer l’attention, pour rentrer dans le moule, pour éviter les remarques, pour faire “comme il faut”. Et si je suis honnête, je pensais que c’était normal.
Peut-être que toi aussi, tu ouvres ton armoire en soupirant, avec l’impression d’avoir plein de vêtements mais rien qui te ressemble vraiment. Si je partage mon histoire aujourd’hui, ce n’est pas pour parler de mode, mais pour te montrer comment mon rapport aux vêtements s’est construit, parfois maladroitement, et comment il est devenu, avec le temps, un vrai point d’appui pour me sentir plus alignée et plus sereine dans mon corps.
La confiance en soi ne naît pas à l’âge adulte (elle se construit dès l’enfance)
On croit souvent que les problèmes de style arrivent plus tard, quand le corps change, quand on devient maman, quand on change de travail ou quand on n’a plus le temps de réfléchir à ses tenues. En réalité, tout commence bien avant.
Notre rapport aux vêtements, à l’image que l’on renvoie et à la place que l’on prend se construit très tôt, parfois sans qu’on s’en rende compte. Des petites scènes, des remarques en apparence anodines, des moments gênants ou injustes peuvent suffire à modifier durablement la façon dont on se regarde et dont on s’habille.
Quand je repense à mon parcours, je vois clairement que ma garde-robe d’adulte a longtemps été guidée par des réflexes appris enfant, bien plus que par mes vrais goûts ou mes envies profondes.
Le jour où mon corps est devenu un sujet
Je me souviens très bien de cette scène, même des années plus tard. J’étais en CE2, le jour de la photo de classe, avec un petit haut coloré que j’aimais beaucoup. Je ne m’étais posé aucune question en l’enfilant. Il me plaisait, point.
On m’a placée debout derrière des garçons de ma classe, des copains avec qui je jouais tous les jours. Ils se sont retournés, ils ont rigolé, puis l’un d’eux a lancé que j’avais des abdos, que j’en avais même plus qu’eux. Les autres ont suivi, avec leurs rires et leurs regards appuyés.
À cet instant-là, sans vraiment comprendre ce qui se passait, j’ai croisé les bras devant mon ventre.
Mon corps, qui jusque-là ne m’avait jamais posé de problème, est devenu quelque chose qu’on pouvait commenter, juger, utiliser contre moi. Je n’ai pas pleuré. Je n’ai rien dit. Mais intérieurement, quelque chose s’est déplacé. C’était la première fois que je comprenais que mon corps pouvait attirer une attention que je n’avais pas demandée, et que cette attention pouvait faire mal.
Avec le recul, je vois très bien que ce n’était pas un drame spectaculaire, juste une scène banale d’enfance. Le genre de moment qui passe vite pour les autres, mais qui laisse une petite trace durable chez celle qui le vit. C’est souvent comme ça que ça commence. Pas avec un grand choc, mais avec une gêne discrète qui s’installe.
Je raconte cette scène plus en détail dans le premier épisode du podcast, parce que ce genre de moment marque souvent bien plus qu’on ne l’imagine :
Apprendre très tôt à se faire petite
Après cet épisode, je n’ai pas décidé consciemment de changer. Je me suis juste mise à faire attention. Attention à ce que je montrais, à ce que je portais et à ne pas attirer l’œil.
Petit à petit, sans m’en rendre compte, les vêtements ont changé de rôle. Ils n’étaient plus seulement là pour être jolis ou confortables, mais pour rassurer, pour protéger, pour éviter les remarques.
Puis il y a eu le primaire, le collège, et toute la suite. Les lunettes qu’on commente. Les dents qu’on compare. La taille qu’on trouve trop grande. La minceur qu’on juge étrange. Tout ce qui ne rentre pas parfaitement dans la norme devient un terrain facile pour les moqueries. À force, on finit par associer deux choses : être vue et être attaquée.
Je me souviens m’être dit, sans formuler les mots aussi clairement, que pour être tranquille il valait mieux être discrète. Alors j’ai commencé à choisir des vêtements plus larges, plus neutres, plus sages. Des tenues qui ne racontaient pas grand-chose de moi, mais qui avaient l’avantage de ne pas provoquer de commentaires.
Le style ne devenait pas encore une passion, ni même une vraie question. Il devenait une stratégie silencieuse pour passer entre les gouttes.
Quand je discute aujourd’hui avec des femmes de 30 ou 40 ans, j’entends souvent des histoires très proches. Une remarque en sport, un surnom au collège, une réflexion dans une cour de récréation, parfois même dans la famille. Rien d’exceptionnel pris séparément, mais une accumulation qui finit par installer une idée tenace : mon corps n’est pas tout à fait comme il faudrait.
Je parle aussi de cette période plus longue, entre primaire et collège, dans le deuxième épisode du podcast :
Quand la garde-robe devient un bouclier
À cet âge-là, on ne se dit pas qu’on est en train d’abîmer quelque chose d’aussi précieux que la confiance intérieure. On se dit juste qu’il faut s’adapter. Faire avec. Être maligne.
Le dressing commence alors à se remplir de vêtements sans histoire, des basiques pratiques, faciles à porter, qui ne posent pas de problème. Pas forcément laids, mais rarement choisis par élan ou par plaisir profond.
On apprend à viser la simplicité avant l’expression personnelle. On cherche des tenues qui rassurent plus qu’elles ne révèlent. Et sans s’en rendre compte, on construit une garde-robe qui protège, mais qui ne soutient pas vraiment l’estime de soi. Le corps devient quelque chose qu’on gère, qu’on dissimule parfois, plutôt qu’un espace dans lequel on se sent bien.
C’est comme si une petite voix restait active en arrière-plan. Elle murmure qu’il ne faudrait pas trop se faire remarquer, qu’il vaut mieux rester sobre, qu’oser pourrait coûter cher. Cette voix, beaucoup de femmes continuent à l’entendre des décennies plus tard, quand elles se retrouvent devant leur armoire en se disant qu’elles n’ont rien à se mettre, alors qu’elle est pleine.
À ce stade de la vie, on ne cherche pas encore à se révéler. On cherche surtout à être tranquille, à ne pas attirer l’attention, à traverser les journées sans vague.
Et c’est ainsi que, bien avant l’âge adulte, bien avant le travail ou la maternité, on commence à construire un lien prudent avec les vêtements, un lien où la protection passe avant le plaisir, et où le style se met doucement en sourdine.
Quand s’habiller devient une stratégie de survie sociale
Il y a un moment où l’on ne cherche plus seulement à se protéger, mais à appartenir. À ne plus être celle qui dépasse, celle qui dérange, celle qu’on remarque pour de mauvaises raisons. Pour moi, ce moment est arrivé à 17 ans, quand j’ai changé de ville et que je suis arrivée à Marseille pour le lycée. Nouveau décor, nouveaux codes, nouvelle hiérarchie invisible à comprendre très vite si on ne veut pas se retrouver seule.
Comprendre les codes pour ne pas être mise à l’écart
Dans ce lycée du 8ᵉ arrondissement, les vêtements parlaient avant même qu’on ouvre la bouche. Il y avait les bonnes marques, les bons sacs, les bonnes chaussures, la bonne coiffure. Tout semblait indiquer qui faisait partie du groupe et qui restait à la porte. Les filles se ressemblaient beaucoup, toujours très apprêtées, très sûres d’elles en apparence, avec des looks presque interchangeables.
Moi, j’arrivais avec mes repères d’avant, mon style encore un peu flou, mes envies pas très claires, et surtout cette vieille habitude de faire attention à ne pas trop me faire remarquer.
Je me souviens d’une paire de chaussures beiges à talons, achetée chez San Marina. Je les trouvais jolies, élégantes, simples. Le jour où je les ai portées en classe, j’ai dû monter au tableau. J’ai senti les regards, puis les rires, puis les remarques à voix basse. Rien de violent, rien de frontal, mais assez pour comprendre.
Je ne les ai jamais remises.
À partir de là, j’ai observé. J’ai copié. J’ai ajusté mes tenues pour qu’elles ressemblent à celles des autres. Pas par envie profonde, mais par fatigue d’être différente. Mon style personnel a commencé à se diluer doucement dans celui du groupe, comme si se fondre dans le décor était devenu la condition pour avoir la paix.
Le vêtement comme passeport social
Avec le recul, je vois que je ne cherchais pas à être stylée. Je cherchais à être tranquille, à éviter les remarques, à ne pas donner prise. Le vêtement n’était plus un plaisir ni une expression, mais une sorte de badge silencieux qui disait : “je suis comme vous, ne me mettez pas à l’écart”.
C’est souvent à cette période de la vie que beaucoup de femmes apprennent à confondre style et conformité. On croit que trouver son look, c’est trouver la bonne formule pour être acceptée : la bonne longueur de jupe, la bonne marque de sac, la bonne façon de s’habiller pour ne pas détonner. On apprend à lire une pièce non pas en se demandant “est-ce que ça me plaît ?”, mais “est-ce que ça passe ?”.
Quand j’échange aujourd’hui avec des clientes qui ont vécu un changement de milieu, un nouveau travail, une reconversion, un déménagement, je reconnais très bien cette mécanique. Elles me disent qu’elles ne savent plus comment s’habiller, qu’elles ont l’impression de jouer un rôle, qu’elles copient leurs collègues ou leurs amies sans vraiment se sentir à leur place.
Comme si leur garde-robe était devenue un uniforme discret, choisi pour éviter de faire fausse note.
Se fondre dans le moule pour éviter le bruit
À Marseille, j’ai appris à me diluer, à lisser ce qui dépassait, et à ranger mes envies personnelles dans un coin pour privilégier ce qui fonctionnait socialement. Je n’aurais pas su l’expliquer à l’époque, mais je vivais déjà avec cette idée qu’être soi était risqué, et que ressembler aux autres était plus sûr.
Ce réflexe laisse des traces. Même des années plus tard, il influence encore la façon dont on choisit ses vêtements. On se dirige naturellement vers ce qui est validé par le groupe, vers ce qui semble “normal”, “correct”, “adapté”, même si ce n’est pas vraiment aligné avec qui l’on est devenue.
Le style, dans ces moments-là, n’est pas un terrain de jeu. C’est une zone neutre, presque administrative. On s’habille pour éviter les problèmes, pas pour se sentir vivante. On construit une garde-robe fonctionnelle, socialement acceptable, mais souvent pauvre en personnalité.
Tu peux écouter l’épisode de podcast dédié à cette période :
La fausse liberté : quand la mode devient une autre prison
Après les années lycée, j’ai eu l’impression de respirer à nouveau. L’IUT, les études supérieures, une nouvelle autonomie, moins de regards pesants, moins de codes imposés.
Pour la première fois, je pouvais m’habiller comme je voulais, sans devoir coller à un groupe précis. En tout cas, c’est ce que je croyais.
Quand “choisir ses vêtements” ressemble enfin à une liberté
Je me suis mise à tester des choses. Des coupes plus chic, des looks inspirés de films, des silhouettes un peu plus affirmées. L’été, je travaillais pour me payer mes propres vêtements.
J’aimais cette idée de décider seule, de ne plus dépendre du regard d’un groupe précis. Je pensais sincèrement que j’étais en train de trouver mon style.
Je raconte cette période plus en détail ici :
Dans la journée, je me sentais plus confiante. J’avais l’impression que mes tenues racontaient quelque chose de plus adulte, de plus maîtrisé. Le style devenait un moyen de dire “je sais qui je suis”, même si, au fond, ce n’était pas encore très clair.
Puis il y avait les sorties : les soirées étudiantes, les boîtes, les week-ends à Monaco avec des amies. Et là, une autre règle silencieuse s’est installée.
Ne jamais porter deux fois la même tenue
Chaque sortie devait avoir sa tenue : répéter un look était presque mal vu. On commentait, on comparait, on remarquait vite celles qui revenaient avec la même robe ou le même haut. Alors j’achetais. Encore. Et encore.
Sur le moment, c’était grisant. Acheter donnait l’impression de se réinventer : une nouvelle pièce, un nouveau look, une nouvelle version de moi pour la soirée suivante. Je remplissais mon dressing à grande vitesse, persuadée que cette abondance était le signe de ma liberté retrouvée.
En réalité, une autre pression avait simplement remplacé la précédente.
La fast fashion comme réponse rapide au doute
En entrant dans la vie active, ce mécanisme s’est amplifié. Les week-ends shopping sont devenus une habitude. Zara, H&M, Mango. Des sacs pleins, un dressing qui déborde, et toujours cette sensation étrange de ne rien avoir à me mettre.
Je pensais que suivre les tendances m’aiderait à être prise au sérieux, à paraître légitime, surtout au travail : le noir chic, les coupes “propres”, les looks supposés professionnels sont devenus une sorte d’armure discrète. J’avais l’impression que mes vêtements pouvaient compenser mes doutes, mon manque d’assurance, ce sentiment diffus de ne jamais être tout à fait à ma place.
Le problème, c’est que cette stratégie fonctionne très mal sur le long terme. Acheter apaise un instant, mais le doute revient vite. Le matin suivant, devant le miroir, la question reste la même : “Est-ce que je me sens vraiment moi dans cette tenue ?”
Quand le dressing se remplit mais que l’intérieur reste vide
À cette période, j’avais tout ce qu’il fallait sur le papier : des piles de vêtements, des looks variés, de quoi m’habiller pour toutes les situations. Et pourtant, je tournais en rond dans mon armoire, en enfilant toujours les mêmes pièces, celles qui me semblaient les moins risquées.
Je n’avais pas encore compris que je confondais 2 choses :
- d’un côté, s’exprimer avec le style,
- et de l’autre, se rassurer avec l’achat.
La mode me donnait l’illusion de choisir, alors que je répondais encore à une forme d’attente extérieure : être dans le coup, être crédible, être validée. Cette phase m’a appris quelque chose de précieux, même si je ne l’ai compris que plus tard. On peut multiplier les vêtements, les looks et les tendances sans jamais construire une vraie relation apaisée avec son image.
La liberté vestimentaire n’existe pas vraiment quand elle dépend d’une carte bancaire et d’un renouvellement constant.
Créer sa marque pour oser être soi
Après des années à m’adapter, à suivre plus ou moins les codes, à acheter pour me rassurer, une frustration a fini par prendre toute la place. Je cherchais des vêtements qui me ressemblent vraiment : des pièces simples, bien coupées, dans de belles matières, avec une vraie cohérence.
Pas des tenues criardes, pas des tendances qui durent 3 mois, pas des vêtements pensés pour attirer l’attention, juste quelque chose de juste pour moi. Et je ne trouvais rien.
Quand ce que tu cherches n’existe pas
Je voulais du minimalisme, de la qualité, des coupes nettes, des vêtements qui tombent bien sans en faire trop. Des pièces qu’on peut porter longtemps, qui traversent les saisons, qui vont avec plusieurs looks sans réfléchir pendant 10 minutes devant le miroir. Je voulais une garde-robe simple, mais pas fade. Élégante, mais facile à vivre.
À chaque essayage, j’avais la même sensation. Soit c’était trop bohème, soit trop cheap, soit trop marqué “tendance”. Rien qui corresponde vraiment à la femme que j’étais en train de devenir.
Un jour, cette pensée s’est imposée, presque calmement : si ce que je cherche n’existe pas, je vais le crée ! C’est comme ça qu’est née ATODE, en 2015.
Je raconte d’ailleurs toute la genèse de ce projet, avec mes doutes et mes premières décisions, dans un épisode du podcast dédié à la création d’ATODE :
Apprendre la mode sur le tas, avec mes valeurs
Je n’avais aucune formation dans le milieu, j’ai donc appris seule : les tissus, les coupes, le tombé, les proportions, la fabrication. J’ai passé des heures à comprendre comment un vêtement pouvait flatter une morphologie sans la déguiser, comment une couleur pouvait illuminer un visage, comment une pièce pouvait devenir un vrai basique du quotidien.
Quand j’ai commencé à parler de mon projet à des fabricants, on m’a souvent répondu qu’il fallait faire comme les autres, c’est-à-dire copier ce qui marche, suivre les tendances. et ajouter des détails “qui font vendre”.
Je ne l’ai pas fait.
Je voulais des vêtements qui respectent les femmes, leur rythme, leur corps, leur vraie vie. Des pièces qu’on enfile sans se poser mille questions. Une garde-robe pensée pour durer, pas pour remplir des sacs chaque saison.
Montrer son style, c’est se montrer soi
Créer une marque, ce n’est pas seulement vendre des vêtements. C’est exposer une vision, une sensibilité et une façon de voir le monde. Très vite, je me suis rendu compte que chaque critique me touchait beaucoup plus que prévu. Quand on juge un produit, on ne juge pas seulement un tissu ou une coupe. On juge un bout de toi.
J’ai douté. J’ai eu peur de ne pas être légitime, peur que mon style soit trop sobre, trop différent, pas assez “vendeur”. Peur de ne pas plaire.
Et puis, il y a eu les clientes : celles qui revenaient , celles qui se reconnaissaient, celles qui disaient se sentir enfin à l’aise dans leurs tenues.
J’ai compris à ce moment-là quelque chose de fondamental : le style n’est pas fait pour plaire à tout le monde. Il est fait pour créer une connexion juste, entre une femme et ce qu’elle porte.
Ce que cette aventure m’a appris sur la confiance en soi
ATODE m’a obligée à faire un choix clair : continuer à essayer de correspondre, ou assumer pleinement ce que j’aimais vraiment. J’ai choisi la deuxième option.
J’ai appris qu’on peut être élégante sans être à la mode, qu’on peut aimer la simplicité sans être ennuyeuse, qu’un dressing cohérent apporte plus de sérénité que 10 nouvelles pièces tendance.
Surtout, j’ai compris que mon rapport aux vêtements était en train de changer profondément. Je ne m’habillais plus pour me cacher, ni pour être validée. Je commençais, doucement, à m’habiller pour être alignée.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à voir le style autrement, non plus comme une façade, mais comme un outil. Un moyen simple de se respecter, de se sentir solide, et de nourrir quelque chose de beaucoup plus profond que l’apparence.
Même l’éthique ne suffit pas quand on ne se connaît pas
Après la création d’ATODE, j’avais le sentiment d’avoir fait le ménage. Fini la fast fashion, fini les achats impulsifs, fini les vêtements sans âme. Dans mon dressing, il n’y avait plus que des pièces choisies avec soin, des matières naturelles, des coupes simples, des couleurs sobres. Sur le papier, tout était cohérent. Une garde-robe minimaliste, responsable, alignée avec mes valeurs.
Je raconte ce moment précis ici :
Et pourtant, quelque chose coinçait encore.
Un dressing parfait… et ce sentiment étrange de ne pas être à ma place
Je me retrouvais parfois devant mon armoire avec cette même hésitation qu’avant : des vêtements de qualité, oui. Des basiques bien coupés, oui. Des tenues faciles à associer, oui.
Mais pas cette sensation de fluidité, de naturel, de “c’est moi”. J’avais beau réduire le nombre de pièces, organiser mes looks, chercher l’harmonie, je ne me sentais pas beaucoup plus sereine quand il fallait m’habiller.
À un moment, j’ai dû être honnête avec moi-même : je n’achetais plus pour suivre la mode, mais j’achetais encore pour cocher des cases. Les bonnes matières, les bonnes valeurs, le bon discours. Mon dressing était devenu très raisonnable, très réfléchi, très propre… mais aussi un peu rigide.
Je choisissais des vêtements “bien”, pas toujours des vêtements justes pour moi.
Quand les valeurs prennent toute la place
Sans m’en rendre compte, j’étais passée d’un extrême à l’autre. Avant, j’achetais pour être acceptée. Maintenant, j’achetais pour être irréprochable, responsable, cohérente, sérieuse. Comme si mes vêtements devaient prouver quelque chose, encore une fois. Le plaisir avait reculé. L’instinct aussi.
Je ne me demandais plus vraiment : “Est-ce que j’aime cette coupe ? Est-ce que je me sens belle là-dedans ? Est-ce que ça me met en valeur ?” Je me demandais surtout si c’était suffisamment éthique, suffisamment durable, suffisamment raisonnable. Résultat, j’avais une garde-robe logique, mais pas vivante.
Le vrai déclic : apprendre à me lire moi-même
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me former au conseil en image. Pas pour transformer les femmes, mais pour comprendre comment un vêtement peut accompagner un corps réel, une personnalité réelle, une vie réelle.
J’ai découvert la colorimétrie, cette façon simple d’identifier les couleurs qui illuminent le visage au lieu de l’éteindre. J’ai appris à regarder une morphologie sans jugement, juste pour comprendre quelles coupes soutiennent une silhouette plutôt que de la contraindre. Et puis, j’ai exploré les styles vestimentaires, non pas comme des étiquettes figées, mais comme des grandes familles dans lesquelles on peut piocher pour construire quelque chose de personnel.
Et là, beaucoup de choses se sont éclaircies. Je me suis rendu compte que je connaissais mes valeurs, mais pas encore vraiment mes besoins esthétiques. Je savais ce que je défendais, mais pas toujours ce qui me mettait réellement en confiance quand je me regardais dans le miroir.
Remettre l’humain avant les principes
Petit à petit, j’ai changé d’ordre : d’abord, comprendre mon corps , ensuite, comprendre mes goûts. Puis, construire une garde-robe cohérente avec ma vie quotidienne. Et seulement après, appliquer mes valeurs.
Ça peut sembler évident dit comme ça, mais pour moi ça a tout changé. Mes vêtements ont commencé à travailler avec moi, pas contre moi. Mes tenues sont devenues plus simples à composer. Mon dressing a gagné en cohérence sans perdre en personnalité. J’ai retrouvé le plaisir de choisir une pièce parce qu’elle me faisait du bien, pas seulement parce qu’elle cochait toutes les bonnes cases.
C’est aussi ce que je transmets aujourd’hui aux femmes que j’accompagne. On peut vouloir une garde-robe responsable, minimaliste, en mode capsule, sans s’effacer soi-même au passage. Le style n’est pas une punition ni un devoir moral. C’est un espace personnel, qui doit soutenir la femme que tu es, pas l’inverse.
Le jour où j’ai arrêté de m’habiller pour être acceptée
Il n’y a pas eu de grande scène spectaculaire, ni de révélation soudaine sous une lumière parfaite. Juste une accumulation de fatigue et de doutes. De matins passés devant mon dressing à essayer de comprendre pourquoi, malgré tous mes efforts, je ne me sentais jamais vraiment à ma place dans mes vêtements.
Un jour, j’ai réalisé que je prenais encore mes décisions en fonction d’un regard extérieur imaginaire. Pas forcément celui d’une personne précise, mais celui d’un “on” flou : on va penser que c’est trop, on va trouver ça bizarre, on va se demander pourquoi je porte toujours la même chose, on va juger.
Et là, intérieurement, quelque chose a lâché. Je t’en parle dans cet épisode :
Je me suis dit que je n’avais plus l’énergie de négocier avec ça.
Plus l’énergie de calculer chaque tenue comme un compromis entre ce que j’aimais et ce qui passerait socialement. Plus l’envie de déguiser mes goûts pour qu’ils rentrent dans une norme confortable pour les autres.
J’avais passé des années à adapter mon style pour être tranquille, puis pour appartenir, puis pour paraître crédible. J’avais appris à lisser ce qui dépassait, à neutraliser ce qui était trop personnel, à choisir des vêtements qui rassuraient plus qu’ils ne me ressemblaient.
Ce jour-là, j’ai compris que ce n’était pas une question de tendance, ni même de style au sens classique. C’était une question de place.
Est-ce que je voulais continuer à occuper une petite place, discrète, sans bruit, ou est-ce que j’acceptais enfin d’exister visuellement telle que j’étais, sans m’excuser ?
J’ai commencé simplement en arrêtant de me forcer à porter certaines pièces “parce qu’il faut”, en assumant de remettre souvent les mêmes tenues quand elles me faisaient du bien. En choisissant des coupes et des couleurs qui me donnaient une sensation de solidité, pas seulement une apparence correcte.
Ce n’était pas spectaculaire de l’extérieur, mais à l’intérieur, c’était énorme. Pour la première fois, je ne m’habillais plus contre moi, je m’habillais avec moi. Je ne cherchais plus à disparaître dans le décor, ni à prouver quoi que ce soit. Je cherchais juste à être confortable dans mon corps, claire dans mon image, tranquille dans mes choix.
C’est à ce moment-là que j’ai senti un vrai changement. Pas seulement dans mes looks, mais dans ma posture, dans ma façon de marcher, de parler et de prendre ma place dans une pièce.
Comme si mes vêtements avaient arrêté d’être une armure ou un déguisement, pour devenir un prolongement naturel de qui j’étais.
Ce que j’ai compris sur la confiance en soi (et ce que je transmets aujourd’hui)
Au fil des années, j’ai compris une chose simple : on ne s’habille pas juste pour être présentable. On s’habille pour se sentir à sa place dans son corps, dans sa vie, dans ce qu’on montre aux autres, même sans parler. Le style ne règle pas tout, mais il peut devenir un vrai point d’appui quand on veut avancer plus sereinement, sans se déguiser et sans se comparer.
Si aujourd’hui tu as envie de te sentir plus alignée dans tes vêtements, de construire une garde-robe simple et cohérente, et de ne plus perdre ton énergie chaque matin devant ton dressing, c’est exactement pour ça que j’ai créé mon accompagnement Style et Tenues. Une approche douce, structurée, avec des outils concrets, pour comprendre ta morphologie, ta colorimétrie, ton style, et bâtir des looks qui te ressemblent vraiment.
Parce que travailler son style, au fond, c’est aussi une façon très douce de renforcer sa confiance en soi.
